© 2013 Françoise Kindler

Terre Sculpture

 

                           RAKU

                                 

Le mot raku désigne aujourd’hui une technique particulière de cuisson qui plonge ses racines dans l’histoire de la civilisation et de la céramique japonaise.

Au 16 ème siècle, boire du thé était devenu au Japon une cérémonie spirituelle et artistique dont le rituel était fixé et les objets choisis par les maîtres de thé selon une esthétique déterminée. C’est ainsi que des potiers produisaient des bols qui devaient refléter l’esprit du thé, fait d’humilité, de patine et d’éphémère.

La technique telle qu'elle est pratiquée en Occident consiste à sortir la pièce du four encore chaud (environ 1000 degré) à l’aide de longues pinces et à la plonger dans un récipient métallique contenant, à choix, de la sciure, des copeaux de bois, des feuilles mortes, du papier journal.
Au contact de la pièce brûlante, le matériau choisi va s’enflammer. Le récipient métallique est immédiatement fermé à l’aide d’un couvercle et la fumée qui va se dégager de la combustion sans apport  d’oxygène va pénétrer à l’intérieur du corps de la pièce et lui donner une belle couleur noire. Si la pièce est émaillée, le carbone dégagé par cette combustion donnera à l’émail un aspect très particulier au raku dans lequel, à cause du choc thermique, les craquelures de l’émail seront noircies par la fumée.

La cuisson raku est une expérience qui demande présence et concentration. Elle doit être abordée dans un esprit de recherche et d’acceptation des résultats, quels qu’ils soient.
(Camille Virot- Raku et Terres enfumées-Les dossiers d’argiles)